EXPOSITION

1936... UNE EXPÉRIENCE D'ÉPOQUE

du 1er avril au 30 juin 2026


L’EXTRÊME-DROITE AU POING

27 avril 1936, dans L’HUMANITÉ

POURQUOI LE DÉCRET
DE DISSOLUTION
DE L’ACTION FRANÇAISE
N’EST-IL PAS APPLIQUÉ ?

Des camelots du roi en armes font irruption dans une réunion du ministre radical Guernut et provoquent de violentes bagarres
29 fascistes arrêtés. On a trouvé sur eux des armes de toutes espèces, du casse-tête au pistolet automatique

Meaux. De violents incidents se sont produits samedi soir à Château-Thierry dans une réunion électorale de M. Guernut, radical socialiste, ministre de l’Éducation nationale, député sortant de la circonscription.
Plus de deux mille personnes s’étaient assemblées dans la salle des conférences pour entendre leur candidat répondre à ses contradicteurs. La réunion se déroulait dans le calme et l’on pensait que nul incident provoqué par les éléments locaux ne viendrait la troubler, lorsque soudain, une bagarre très violente éclata, causée par des perturbateurs étrangers à la circonscription et venus spécialement de Paris.
Ces manifestants, dont le nombre n’était pas éloigné de la centaine, étaient arrivés en plusieurs autocars qui stoppèrent ensemble devant la salle des conférences.
Les jeunes gens qui participaient à ce “raid” bien organisé tentèrent de se frayer un passage jusqu’à la tribune où se trouvait M. Guernut. Des chaises volèrent en éclats et l’atmosphère fut rendue irrespirable par quelques bombes lacrymogènes. De très nombreuses personnes furent blessées ou contusionnées au cours de la bousculade qui se produisit, tandis qu’on évacuait la salle. Cependant, devant la résistance de la population, les agresseurs durent fuir. Ils s’engouffrèrent en hâte dans les autocars et les automobiles qui les avaient amenés et prirent la direction de Paris.
La gendarmerie put établir un barrage à l’entrée Est de Meaux, à l’intersection des routes nationales 3 et 36.
Vers minuit, un autocar bleu, venant de Château-Thierry, fut arrêté par les gendarmes.
Dans ce car avaient pris place une trentaine de jeunes gens, parmi lesquels beaucoup d’étudiants, qui tous appartenaient à des groupements d’Action française.
On fouilla leur véhicule, où l’on trouva trois coups de poing américains, un pistolet automatique, un revolver à barillet et dix-huit cannes plombées, matraques, masselottes ou torsades de plomb. Il est d’ailleurs probable que les manifestants se débarrassèrent de leurs autres armes le long de la route.
La gendarmerie vérifia l’identité des occupants de l’autocar. Ce sont Pierre Canel, Roger Combaz, Damas Souris, Charles Dreyer, Léon Fabert, Jacques Folliot, Pierre Ginattier, Pierre Girard, Bernard Guillemain, Serge Guy, Jean Houdaille, Louis Judet, Henry Lacan, Roger Lagarde, André Leilèvre Lucien Leplat, Gilbert Leriche, Jacques Leroy, Raymond Manoury, Édouard Màréchal, Jacques Ménager, Moisson Mareschal de Météclain, Jean Moreau, Henry Nicolle, André et Roger Pichon, Jean Salvatori, Gérard Villefert, Jèàn Vauthier.
Ces vingt-neuf individus ont été mis à la disposition du juge d’instruction. Douze d’entre eux ont été inculpés de port d’armes prohibées. Le car, dont les occupants ont été arrêtés, est le seul dans lequel des armes ont été trouvées ; mais plusieurs autres véhicules ont été, dans la nuit, visités par les gendarmes sur la route de Paris à Château-Thierry, et 80 personnes ont dû attendre, dans différentes brigades, que leur identité soit vérifiée.
Ainsi l’Action française, contre qui a été pris un décret de dissolution, peut encore mobiliser, des troupes armées qui vont matraquer de paisibles citoyens. Est-ce ainsi que le gouvernement Sarraut applique ses propres décisions ? Est-ce ainsi que le gouvernement comprend la défense républicaine ?


Dans L’ŒUVRE

Les luttes religieuses ne cessent pas dans le IIIe Reich

Berlin, 26 avril. — Klein et Gross-Hausen sont deux villages voisins. Ils forment une seule commune, mais sont de religion différente. Le bourgmestre national-socialiste ayant décidé la suppression des écoles confessionnelles et la création d’une école commune, les habitants catholiques de Klern-Hausen protestèrent contre cette mesure.
Le jour de l’ouverture de la nouvelle école, ils se rendirent en cortège devant la mairie, poussèrent des huées, sifflèrent le bourgmestre et empêchèrent les enfants de pénétrer dans le bâtiment scolaire.
Les gendarmes durent intervenir. La foule leur opposa une vive résistance. Des arrestations furent opérées.
Cette affaire s’est terminée par la condamnation de quatorze habitants à des peines variant entre deux semaines et six mois de prison.