EXPOSITION

1936... UNE EXPÉRIENCE D'ÉPOQUE

du 1er avril au 30 juin 2026


LA SOCIÉTÉ EN APERÇU

27 avril 1936, dans L’ŒUVRE

LE VOTE DES FEMMES

Malgré la pluie torrentielle gênant la récolte des bulletins de vote qui s’opérait par des sections installées en plein vent, les électeurs et les électrices du 5e arrondissement, sollicités de voter pour Mmes Louise Weiss et Denise Maurice-Finat ont déposé dans les urnes 14732 bulletins, dont 11288 pour les candidates et 3414 de principe pour le féminisme.
La cause du suffrage des femmes est en progrès considérable. Il faut, en effet, comparer les 14732 bulletins recueillis dans un arrondissement comptant 2 circonscriptions et 37000 foyers, aux 18200 bulletins recueillis aux élections municipales de mai dernier dans le 18e arrondissement comptant 7 circonscriptions et 85000 foyers.

DANS LE PAS-DE-CALAIS

En réponse à un article publié dans l’Œuvre du 29 janvier 1936, et intitulé « L’action cléricale dans le Pas-de-Calais », le maire de Bryas nous écrit :
Je n’ai jamais fait une pression quelconque sur les habitants de la commune de Bryas (Pas-de-Calais) pour qu’ils envoient à partir du mois de janvier 1936, leurs garçons à l’école libre mixte ouverte dans la commune, dont j’ai l’honneur d’être le maire et où je n’avais jusque-là admis que des filles. Je n’ai fait en la circonstance, qu’user des lois en vigueur et j’ai eu le plaisir de répondre en agissant ainsi au vœu de la plupart dès habitants de la commune qui n’étaient pas satisfaits de l’enseignement insuffisant, du strict point de vue pédagogique, donné à l’école publique. Ce n’est pas hélas ! Le seul cas qui pourrait être actuellement cité en France. Je tiens à vous dire également que le 19 février, jour de fête religieuse dans la commune, a été demandé, comme jour de congé mobile, par l’institutrice actuelle, dès 1922, et toujours proposé depuis par le Conseil municipal, sauf à partir de l’année 1932 où il n’a pas été admis...

L’AGENT DE HITLER AU LYCÉE

Dans ce lycée de Paris, le professeur assistant d’allemand — un sujet du Reich — est nazi. C’est son droit.
Ce qui n’est plus son droit, c’est de se livrer, chaque jour, à une propagande hitlérienne, nettement caractérisée.
— Dans les classes où il exerce, nous signale un groupe d’élèves, on traduit des textes à la louange d’Hitler et des camps de travail, avec commentaires élogieux à l’appui.
Beaucoup en ont assez et ne le cachent pas.
Quant aux jeunes “nationalistes” ils sont au mieux, cela se conçoit, avec l’agent d’Hitler.
M. Guernut ne pourrait-il pas rappeler à ce dernier que c’est bien en France qu’il enseigne et non dans un lycée de Berlin...

TOUJOURS LA STRATOSPHÈRE

D’après le Sunday Dispatch le professeur Piccard préparerait une nouvelle ascension dans la stratosphère. Il se munirait, cette fois-ci, d’un appareil de radiophonie assez puissant pour pouvoir être entendu à une distance de 17 milles.
Le professeur, dans une interview au journal, annonce même qu’il prendra des passagers dans son ballon stratosphérique, à condition que chaque passager paye sa place 20000 livres sterling.
Y aura-t-il des candidats ?

MADRID PROTESTE !

Les protestations qu’ont soulevées, ici les “corridas” données au Palais des Sports ont éveillé tra los montes un écho inattendu.
La presse madrilène s’élève avec ensemble, contre les “indignes simulacres” qui se sont déroulés à Paris et qui ne sont que la pâle caricature, dit-elle, d’un spectacle plein de noblesse et de grandeur.
« Des courses de taureaux sans picadors, sans banderilles et sans mise à mort, quelle offense à la vérité et à la tradition ! » s’écrie El Debate, organe du señor Gil Robles .
Au risque de passer pour un agent de la CEDA, il convient d’approuver, en l’occurrence, le grand quotidien de la Société de Jésus, car l’exhibition d’un médiocre bétail travaillé sous une verrière de vélodromes au feu des projecteurs, par des toreros d’exportation, ne peut que détourner le public parisien d’un spectacle pour lequel il n’est d’ailleurs point fait.
La tauromachie est un “art” qui ne s’acclimatera jamais au nord de la Loire : les “aficionados” de la Capitale sont les premiers à le proclamer ; dans le Midi même, les courses, trop souvent décevantes, manquent. la décadence d’un jeu dénoncée par les Espagnols eux-mêmes.
Restons-en modestement à nos petites vaches landaises et à nos nerveux et souples écarteurs. Ainsi nous ne risquerons pas de contrister nos ombrageux voisins, pour lesquels un taureau “emboulé” et le jeu des cocardes sont de pitoyables dérisions.

ARRESTATION
D’UN REPRIS DE JUSTICE

La police a envoyé au dépôt le repris de justice Fernand Antichans, 30 ans, frappé d’interdiction de séjour, valet de chambre dans une pension de famille, 72, faubourg Poissonnière.
Hier matin, Antichans avait attaqué dans sa chambre, au sixième étage, sa compagne de travail, Mlle Thérèse Tarraux, 24 ans, qui avait repoussé ses avances. Pour tenter d’arriver à ses fins, il lui appliqua, alors, sur le visage un tampon imbibé d’ammoniac qui l’a brûla sérieusement.
Aux cris de la victime, l’agresseur prit la fuite, mais fut arrêté peu après.

HISTOIRE ESPAGNOLE
Un inspecteur de police s’enfuit avec la femme qu’il était charge d’arrêter

Madrid, 26 avril. — À la suite d’une perquisition effectuée chez Mme Urraca Pastor, militante monarchiste connue, perquisition au cours de laquelle un revolver avait été saisi, la police avait décidé de procéder à son arrestation.
Au bout de plusieurs heures, n’ayant pas vu revenir l’inspecteur chargé d’arrêter Mme Urraca Pastor, la police a procédé à une rapide enquête. L’inspecteur et la monarchiste s’étaient enfuis ensemble.
On les recherche activement.


4 mai 1936, dans LE POPULAIRE

Berlin, 3 mai. - Une conversation a eu lieu ces derniers jours entre Hitler et certains représentants de l’industrie de la Ruhr ; on aurait surtout parlé de nouveaux impôts. Les industriels attirèrent l’attention d’Hitler sur le fait que les impôts envisagés seraient inacceptables pour l’industrie sans des mesures incisives en vue de réduire les salaires. Les industriels ont fait remarquer que l’augmentation de 5 p. 100 du tarif de marchandises des chemins de fer du Reich n’avait été rendu possible que par la permission donnée aux industriels par le ministère de l’Économie, d’en grever les consommateurs. Hitler répondit aux industriels qu’il mettrait à leur disposition de la main-d’œuvre bon marché au moyen de réservistes de “l’armée du travail”, armée fondée de chômeurs qui ne touchent plus un sou d’assistance et que l’on fait travailler à un salaire de 2 RM par jour pour un père de famille, et 1,50 RM pour un ouvrier non-marié. Cette main-d’œuvre permettrait en outre aux industriels de faire une pression sur le niveau des salaires des autres catégories d’ouvriers. La réalisation de ce plan sera accompagnée d’une nouvelle campagne de propagande en faveur d’une « vie Spartiate ».

UN DRAPEAU ROUGE FLOTTAIT AU CLOCHER D’UNE ÉGLISE PRÈS DE BAR-LE-DUC

Bar-le-Duc 3 mai. - À Vesney, ce matin, les habitants ont constaté que, pendant la nuit, un immense drapeau rouge avait été arboré sur le clocher de leur paroisse.
Longtemps, l’emblème “séditieux” flotta sur l’église sous l’œil consterné du curé de la paroisse. Enfin, un jeune homme, non sans risquer de se rompre le cou, est monté au sommet de l’édifice et a détaché le drapeau.