EXPOSITION

1936... UNE EXPÉRIENCE D'ÉPOQUE

du 1er avril au 30 juin 2026


LE SYNDICALISME, LUI-MÊME

27 avril 1936, dans L’HUMANITÉ

AUX TRAVAILLEURS !

Prolétaires des usines, travailleurs des champs, salariés du commerce, des banques, fonctionnaires, intellectuels, en participant à la MANIFESTATION DU PREMIER MAI vous démontrerez la puissance nouvelle du monde du travail qu’affirme son UNITÉ RECONSTITUÉE
Il faut faire reculer la guerre, juguler les marchands de canons, pour que la PAIX triomphe définitivement !
Il faut en finir avec le chômage, par l’application de la semaine de quarante heures, la prolongation de la scolarité, les congés payés, le contrat collectif, etc.
Il faut vaincre les congrégations économiques, faire rendre gorge aux deux cents familles omnipotentes en imposant le Plan de rénovation économique et sociale de la CGT.
Travailleurs, dans l’enthousiasme du coude à coude, désormais invincibles, EN AVANT !
La Confédération Générale du Travail.

Après la victoire des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais.

“La décision de grève générale à partir du 1er Mai reste entière tant que les accords n’auront pas été signés dans toutes les régions minières”.

Le bureau de la Fédération nationale des travailleurs du sous-sol, réuni pour examiner la situation à la suite des faits intervenus depuis la tenue de son conseil national extraordinaire, enregistre, avec satisfaction les résultats obtenus au cours de la conférence tripartite qui eut lieu à Paris le 22 avril entre les représentants patronaux et ouvriers de la première région de la Fédération nationale du sous-sol et les Pouvoirs publics, résultats qui doivent s’étendre à tous les autres centres miniers.
Il se félicite de l’attitude observée par les représentants ouvriers de la première région, se réservant d’en référer à leurs mandants et affirmant leur solidarité avec les mineurs des autres centres.
Déjà, les pourparlers sont engagés dans plusieurs régions, sur la base des principes contenus dans le projet de convention issu de la Commission tripartite ; ces principes doivent présider à l’élaboration des conventions pour tous les autres bassins miniers, suivant les déclarations de M. Chautemps, ministre des Travaux publics, au nom du gouvernement, et de M. Marterer, président du Comité des Houillères du Centre et du Midi, au nom des compagnies minières.
Le Bureau fédéral souligne que les résultats obtenus, sont le fruit de la puissance syndicale, de l’activité des syndicats, de la Fédération nationale et de la préparation sérieuse de l’action, en vue de mobiliser la masse des mineurs ; il profite donc de cette circonstance pour appeler les mineurs à rejoindre, en plus grand nombre encore, les rangs de la Fédération nationale des travailleurs du sous-sol.
Le Bureau fédéral précise que la décision du Conseil national relative à la grève générale à partir du 1er mai dans tous les centres miniers, reste entière tant que la signature des accords n’est pas intervenue dans toutes les régions minières.
Il espère cependant que les représentants des Houillères et les Pouvoirs publics, feront diligence, à seule fin que les accords soient réalisés avant le 1 er mai et entrent en vigueur dès cette date. Il rappelle que, de toute façon, la journée du 1er Mai reste une journée de lutte revendicative, au cours de laquelle en abandonnant le travail et en participant aux meetings et manifestations organisés, les mineurs marqueront leur volonté de voir se réaliser :
a) la Journée de 6 h. 30 sans réduction de salaire ;
b) la création de l’Office national du charbon, en vue de réglementer la production, permettant un contrôle efficace sur la gestion des compagnies minières ;
c) la dissolution effective des ligues fascistes ;
d) l’organisation de la paix, par la sécurité collective et le désarmement ;
Vive le Premier Mai, journée internationale des travailleurs du monde entier !
Pour le pain, la paix, la liberté !
Le Bureau fédéral Vigne, Bard, Duguet, Legay, Panissal.


Un appel de l’Union des Syndicats de la Seine et de Seine-et-Oise
En ce Premier Mai 1936, où la gravité de la situation intérieure et extérieure exige une mobilisation complète d’action revendicative ardente et une vigilance soutenue de la classe ouvrière de la région-parisienne, face à la crise, aux menaces fascistes, aux dangers de guerre, l’Union des Syndicat ouvriers de la région parisienne, désormais unifiée et forte de plus d’un quart de million d’adhérents, pour consacrer son union et sa puissance, vous appelle, partout, dans les usines, les ateliers, les chantiers, les bureaux, à réaliser la GRÈVE GÉNÉRALE LE PREMIER MAI 1936, à manifester avec ampleur et discipline :
Pour la semaine de 40 heures ;
Pour la défense des salaires et traitements (abrogation des décrets-lois) ;
Pour les contrats collectifs ;
Pour l’ouverture des grands travaux et les revendications des chômeurs ;
Pour le plan de la Confédération générale du travail ;
Pour la dissolution et le désarmement des ligues fascistes ;
Pour la défense des libertés, le respect intégral du droit syndical ;
Contre la guerre pour le maintien de la paix ;
Le matin tous et toutes aux lieux de pointage l’après-midi tous et toutes aux manifestations et meetings.
Vive le Premier Mai de l’Unité syndicale, journée de puissante action revendicative !
Pour la défense des conditions d’existence, des libertés et de la paix !
L’Union des syndicats ouvriers de la région parisienne.

Les “métros” seront dans l’action

La CGT réunifiée vient de lancer à travers toute la France les mots d’ordre de manifestation pour le Premier Mai, pour l’abolition des décrets-lois, pour l’amélioration de nos conditions de travail et de vie.
Le Syndicat général des métros, issu de l’Unité réalisée de notre corporation se devait de reprendre la formule lancée par notre Centrale syndicale et par notre Union des syndicats de la Seine, et de vous dire :
CAMARADES DU METRO
Chaque jour la rationalisation s’accentue dans notre corporation. Les fameux services dits “accélérés” sous le prétexte dérisoire de faire gagner 40 secondes à un voyageur, alors qu’on le fait “stationner” des 3, 4, 5 minutes dans l’attente d’une rame. La multiplication du portillon automatique, tout cela n’a qu’un seul but :
Diminuer le nombre d’agents en service et profiter du chômage inouï dont souffre la classe ouvrière parisienne pour opprimer par un chantage insolent son matériel humain.
Si vous n’êtes pas contents, c’est la porte, se permettent de dire certains chefs.
Chaque jour l’insolence des actionnaires de la Compagnie du métro s’accentue.
IL FAUT RIPOSTER !!!
Le Premier Mai est un jour de lutte revendicative
Pour votre pain quotidien
Pour maintenir la paix
Pour vos libertés.
Préparez une puissante manifestation dans le métro, à l’image de l’action de vos aînés de 1919.

LES GRÉVISTES DU TEXTILE
DE VAULX-EN-VELIN
SERONT VICTORIEUX
Un mouvement de masse pour le 1er Mai est en préparation

Depuis quatre semaines, malgré les privations de toutes sortes, les exploités de Vaulx-en-Velin continuent ardemment la bataille pour vaincre la richissime société des firmes Gillet.
Tout est tenté par le patronat pour arriver à émousser la combativité des grévistes. Les jaunes provoquent, la police provoque et on arrête des ouvriers qui n’ont absolument rien à se reprocher.
Hier matin, trois nouvelles arrestations ont été opérées et maintenues.
À l’entrée de la cinquième semaine de lutte on espère par ces arrestations porter un coup à la grève au début de la semaine prochaine.
Les travailleurs de la même firme d’Izieux, qui, par solidarité, s’étaient joints au mouvement, il y a huit jours, tiennent toujours bon malgré la campagne tapageuse menée par les dirigeants chrétiens en vue de faire reprendre le travail à leurs adhérents. Les travailleurs d’Izieux, comme leurs camarades de Vaulx-en-Velin, sont bien décidés à ne reprendre le travail qu’après avoir obtenu satisfaction.
Hier au cours des assemblées de grévistes qui se sont tenues dans les deux localités, c’est dans l’enthousiasme que cette décision fut prise.
À Izieux, d’importantes mesures ont été prises pour activer la solidarité et ce jour même de nombreux collecteurs et collectrices parcourront Saint-Etienne, Saint-Chamond et d’autres localités pour ramasser de quoi nourrir les enfants des combattants victimes des féroces exploiteurs.
D’autres firmes sont alertées en vue d’un élargissement du conflit et en vue aboutir à une grève de masse pour le 1er mai.